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Le bégaiement : 500 mots pour le comprendre

Le bégaiement, trouble de la communication 

Le bégaiement est un trouble de la communication : on ne bégaie jamais seul. S’il démarre en moyenne autour de 3 ans, il est à distinguer des troubles de l’articulation ou du langage et il n’est pas lié à un défaut d’intelligence. Totalement involontaire, il nait des efforts que la personne fait pour parler et est majoré par la façon dont on y réagit (conseils, reproches). Plus je rentre en tension lorsque je bégaie, plus je risque de bégayer de nouveau. Le bégaiement ne ressemble jamais aux accidents de parole du petit enfant qui apprend à parler. 

Origine du bégaiement 

C’est un trouble neuro-développemental : le cerveau bègue est un cerveau différent. Si aucun spécialiste nulle part dans le monde ne peut dire « on bégaie parce que », on sait que de multiples facteurs entrent en compte dans la genèse du bégaiement. Parmi ceux-là, les facteurs dits « pérennisants » sont ceux sur lesquels l’orthophoniste va agir pour éviter que le trouble ne devienne chronique. 

Le bégaiement : ça part tout seul ? 

Il est admis que 3 enfants sur 4 quitteront le bégaiement d’ici l’adolescence. Nous n’avons pas de moyen de prédire quel est l’enfant sur les 4 qui restera bègue toute sa vie. Toutefois, le risque de chronicisation du bégaiement est accru en présence des éléments suivants : efforts, répétitions supérieures à 3, blocages et prolongations de son, perte du contact visuel, mouvements accompagnateurs, conscience du trouble. 

Si rien n’est fait, risque de constitution progressive du cercle vicieux du bégaiement 

A l’image d’un iceberg, le bégaiement se constitue progressivement d’une partie émergée et d’une partie immergée. La partie visible comprend ce qui se voit et ce qui s’entend. Ce sont les « bégayages » c’est-à-dire le trouble de la fluence dans ses dimensions de continuité de la parole, de débit (nombre de syllabes en une minute), de rythme et d’absence d’effort : répétitions de sons, de syllabes, blocages, mouvements accompagnateurs…. La partie immergée fait référence au vivre bègue. Elle inclut la pression et les efforts, mais également les stratégies pour ne pas bégayer, évitements, sentiments réactionnels, peur de bégayer qui se développent avec le temps et les expériences négatives. 

Cette analogie de l’iceberg, proposée par Joseph SHEEHAN, illustre le « cercle vicieux renforçateur du bégaiement » : le bégaiement entraîne une perte de la spontanéité et du naturel, une lutte et une volonté de bien parler qui gênent le fonctionnement automatique de la parole. A force d’efforts, certaines personnes arrivent à dissimuler leur trouble. On parle alors de bégaiement masqué. Mais parler sans bégayer devient alors plus important que se dire. 

Le bégaiement, tous concernés 

Statistiquement, le bégaiement touche 1% de la population mondiale, soit plus de 600 000 personnes en France, dont 50 000 sévèrement. La prédominance masculine est forte (quatre hommes pour une femme). Le bégaiement existe aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. 

Le degré de sévérité du bégaiement est davantage déterminé par son impact sur la personne bègue que par l’importance des bégayages. 

Si le bégaiement est par nature fluctuant, il est considéré comme un trouble pouvant mettre en situation de handicap, plus ou moins grave en fonction de chaque personne.